Bilan de la Loi Avenir professionnel 2018 : le résumé complet

En 2018, la Ministre du travail Muriel Pénicaud nous envoie « une invitation à interroger les systèmes établis, à dépasser les inclinaisons conservatrices, pour ne pas restreindre le champ des possibles, qu’ils soient individuels ou collectifs. 

C’ une invitation à l’audace, c’est-à-dire à transformer le réel pour se donner les moyens de saisir toutes les potentialités des mutations à venir, non seulement pour ne pas les subir, mais pour choisir notre avenir individuel et collectif. »

Il en émergera une loi, la Loi Avenir Professionnel 2018. Bilan.

La Loi Avenir Professionnel 2018

La Loi Avenir Professionnel 2018

Le gouvernement français a fait le constat que l’avenir professionnel devrait être accessible à tous et qu’il fallait travailler sur ce point dans le système actuel.

Avec la Loi Avenir professionnel 2018, l’objectif était de faire disparaître les stéréotypes basés autour du bac professionnel, du BTP et de l’artisanat, en montrant que ces diplômes et qualifications étaient accessibles pour tout type de personne, de tout âge peu importe la situation.

Cette loi portant sur la formation et le marché du travail, comporte deux volets principaux, deux axes de travail. Le premier est les ordonnances du travail, le second la sécurisation du parcours professionnel.

La loi a été mis en place tout d’abord dans le but de sécuriser ce dernier. Elle met à l’honneur les besoins des entreprises mais aussi ceux des individus.

Pour les entreprises, cette loi apporte une simplification dans les démarches administratives, les TPE-PME ayant maintenant la possibilité de former leurs salariés.

La loi change aussi la donne pour les femmes qui sont, d’après une étude effectuée sur les employées françaises, plus souvent engagées en temps partiel. Grâce à cette nouvelle loi elles ont enfin accès aux mêmes droits que pour un temps plein.

Le plafond de verre, dans le BTP aussi

Chaque jour, les femmes sont victimes de ce que l’on appelle le plafond de verre : ce qui est une métaphore qui exprime l’impossibilité des femmes à monter en grade dans une entreprise.


Tout comme les autres minorités elles ont tendance à être rabaissées et discriminées.


Le BTP étant de tradition masculine, le secteur fait partie malheureusement des plus discriminants, que les femmes en question soient artisans, architectes ou ingénieurs...

Avec la Loi Avenir Professionnel, chaque individu, jeune ou âgé, expérimenté ou non, peut s’inscrire à la formation qu’il a choisi.

Et pour aider les jeunes ayant choisi de se tourner vers un projet professionnel beaucoup plus d’informations est désormais mise à leur disposition. Avec un accompagnement plus en profondeur.

Dans le domaine de l’apprentissage les jeunes en parcours doivent se sentir plus valorisés. L’envie d’apprendre un autre métier devrait être célébré et supportée, nous nous devons de transmettre génération après génération ces qualités, compétences et ces maîtrises. Sans parler que de nombreux savoir-faire issus de l’artisanat sont aujourd’hui perdus ou en passe de se perdre.

L’apprentissage donne la possibilité de s’insérer dans le milieu professionnel beaucoup plus facilement : cette loi devra aider les jeunes à découvrir tous les métiers disponibles et à changer leurs préjugés concernant les voies professionnelles vers le BTP.

Cela va de soi que le statut de maître d’apprentissage est aussi valorisé par cette réforme.

résumé La Loi Avenir Professionnel 2018

Concrètement, quels changements ?

Pour atteindre ces objectifs aussi honorables que nombreux, le gouvernement français a décidé de mettre en place la loi Avenir (Loi Avenir professionnel) en juin 2018.

Depuis, cette loi a changé le quotidien de beaucoup de jeunes Français et continue encore aujourd’hui à  aider de nombreuses entreprises et jeunes qui cherchent un avenir dans le milieu professionnel de la construction, du bâtiment et de l’Artisanat.

1. La formation professionnelle

Durant les 15 dernières années en France, seulement 1 chômeur sur 15 a accédé à une formation professionnalisante.  Et seulement 1 salarié sur 3 s’est lancé  dans un projet de formation chaque année.

La présente loi a œuvré vers l’optimisation du Compte Personnel de Formation (CPF) : l’année dernière encore il était crédité en heures, maintenant il est alimenté de 500 € par an jusqu’à un solde de 5000 € ou 8000 € pour les profils sans qualification.

2. L’apprentissage

Cette loi offre également de nouvelles formalités concernant l’apprentissage : il était jusqu’à présent accessible seulement jusqu’à l’âge de 26 ans, aujourd’hui on peut s’inscrire en apprentissage jusqu’à l’âge de 30 ans, sans restriction.

Les expériences à l’international pour des formations ou stages de quelques mois sont maintenant encouragées et privilégiées pour les apprentis (à l’instar d’Erasmus).

En 2019 un grand pas en avant a été fait lorsque de nombreux sites Internet et plateformes en ligne ont vu le jour pour que les apprentis puissent prendre contact avec les entreprises qui les intéressaient plus facilement.

Une aide de 500 € a aussi été mise en place pour les jeunes de 18 ans et plus, dans le but de les aider à obtenir leur permis de conduire.

De plus, un nouveau dispositif d’apprentissage en alternance a été mis en place, il s’intitule “Pro A”. Son objectif est de faciliter les projets de promotion interne ou de reconversion, aidant de nombreux Français à se réinsérer dans le monde du travail plus facilement (quitte à changer de voie, pourquoi pas).

  • Le salaire des apprentis de 16 à 20 ans a augmenté de 30 € nets par mois.
  • Il est devenu possible de débuter un formation en apprentissage sans contrat, dans un CFA. Le CFA ayant pour devoir d’aider l’apprenti à trouver un employeur, et de reprendre l’apprenti en formation même s’il advenait que son contrat soit rompu.
  • Une nouvelle classe de 3e, intitulée « prépa-métier » a été ouverte pour préparer l’orientation vers l’apprentissage dès le collège.
  • Il n’est plus nécessaire de passer devant le conseil des Prud’homme désormais pour certifier un contrat.
  • L’apprenti peut désormais mettre fin à son contrat du moment qu’il respecte un délai de préavis.

3. L’assurance chômage

L’assurance-chômage est le premier axe sur lequel se portent les réformes de la nouvelle Loi 2018.

Le contrôle des chômeurs devait être renforcé, le but étant d’éviter les fraudes et de seulement sélectionner les candidats les plus motivés.

La loi prévoit :

  •  Une ouverture sous conditions du droit à l’allocation chômage pour les démissionnaires (ceux qui justifient de conditions d’activité antérieure et qui poursuivent un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d’une formation).
  • La suppression totale de la contribution salariale d’assurance chômage (avec des exceptions pour certains expatriés) .
  •  L’indemnisation sous conditions des travailleurs indépendants en liquidation judiciaire.

Le bilan

Beaucoup de promesses ont été faites durant la création de cette loi.

Un an après, quel bilan dresser ?

Il est indéniable que cette réforme a eu un impact positif sur les modalités d’apprentissage : grâce à la redéfinition du mot formation de nouveaux formats pédagogiques ont pu voir le jour. Les formations sont désormais plus que ça, et elles permettent de transmettre des compétences et l’amour d’un travail : une passion.

Néanmoins cela a aussi eu des conséquences négatives, surtout pour les entreprises qui ont vu leur budget formation, ou général, chuter après que la loi soit passée. Par exemple, à cause de la Loi Avenir les cotisations pouvant avant être remboursées en partie par les entreprises sont maintenant totalement irrécupérables.

De plus le CPF, qui devait être d’une grande aide, oblige les entreprises à verser plus de leur budget qu’avant puisque plus de frais sont désormais à leur charge.

Exemple : une grande entreprise construit ses projets de formation avec le dispositif CPF. Chaque dossier revenant à 1000 € environ. Auparavant, l’OPCA prenait en charge 700 €, et l’entreprise le montant résiduel (300 €). Aujourd’hui c’est l’inverse.

Du point de vue des salariés, leur budget est limité et le choix de formations rétréci. Ils hésitent davantage à se lancer.

Les entreprises ont donc maintenant peur de ne plus pouvoir être capable de payer les frais nécessaires pour continuer de former leurs recrues.

D’ailleurs, le poste interne de Responsable de Formation est un métier qui après la loi a été remis en question. Les anciens RF vont devoir changer leur métier du tout au tout : ils vont devoir apprendre à délaisser l’ingénierie financière et la gestion administrative pour être capable d’accompagner les apprentis plus en profondeur et faire de la formation stricto sensu. Ce qui n’était pas du leur mission jusque là : sauront-ils le faire et sont-ils qualifiés pour ?

Cette réforme a donc apporté du bon comme du mauvais. On peut voir que certaines entreprises sont plus touchées que d’autres, et que les apprentis ont maintenant beaucoup plus d’avantages qu’avant, mais les salariés « lambda » voulant se reconvertir ou se former sont moins aidés.

Raisonnablement, il faudra attendre quelques années pour voir si cette loi à réussi à pousser les jeunes à se tourner vers des voies professionnelles, apprentissages, etc..

En attendant certaines entreprises n’ont pas d’autre choix que de repenser leur budget et système de formation.

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