Métier Serrurier : formation, salaire, compétences…

Un serrurier est un artisan en charge de la fabrication, de la pose de serrurerie et de tous les objets de ferronnerie et menuiserie métallique : de la charpente, aux grilles, portails, balcons, rampes… Il en assure la fabrication, l’installation et l’entretien. Les plus habiles serruriers produisent des pièces uniques et sur mesure, restaurent de la métallurgie ancienne, etc.

Le serrurier est également en charge de l’entretien de tout ce qui est métallurgique ou forgé sur une construction.

Métier Serrurier

Une profession... clé !

Le serrurier travaille tous les métaux et alliages, ainsi que des matériaux composites : acier, fer, aluminium, cuivre, laiton, bronze…

Son travail consiste à tracer et découper des formes, et lorsqu’il fait de la ferronnerie d’art, bosseler ou ciseler des objets.

Il assemble ensuite ses pièces pour constituer par exemple une rampe d’escalier ou une marquise. Il travaille également le bois, le verre et le PVC au besoin, pour construire ses structures.

Les prestations du serrurier sont :

  • agencements de magasins et locaux professionnels
  • blindages
  • charpente métallique
  • couverture acier
  • escaliers et rampes
  • fenêtres à rupture thermique
  • fermetures, serrures
  • grilles, clôtures et portails
  • maison ossature métallier-serrurier vérandas et serres
  • ouvrages forgés artistiques
  • protections solaires
  • rampes, garde-corps, grilles de protection
  • vitrages à isolation renforcée
  • etc.

Le Roi-serrurier

Saviez-vous que le malheureux Roi Louis XVI était un serrurier à ses heures ? De nature à fuir les mondanités, il passait de nombreuses heures dans la forge royale à fabriquer clés, serrures et cadenas ! On l’appelait « le Roi serrurier » !


Il forgeait lui même et battait le fer, mais appréciait particulièrement le travail en finesse de la serrurerie. À vrai dire ce passe-temps était très improbable pour un membre de la royauté !


Le Roi a été formé à la serrurerie par François Gamain, serrurier en chef de Versailles. Mais l’élève était loin d’atteindre le niveau du maître. On dit cependant que Louis XVI était habile crocheteur de serrure (ce qui l’aurait sauvé d’un incendie dans ses ateliers), malheureusement pas assez pour se libérer de sa prison de la Bastille.

Perspectives professionnelles et débouchés

Une fois diplômé et après quelques années d’expérience acquise, le serrurier a la possibilité de se spécialiser ou d’acquérir des compétences supplémentaires qui lui permettront d’accéder à un débouché serrurier.

Il peut devenir chef d’atelier ou technico-commercial bien sûr, mais aussi spécialiste des systèmes de fermetures motorisés, tôlier-serrurier ou ferrurier, ferronnier d’art, restaurateur, zingueur, agenceur, ou encore se spécialiser dans les pièces antipanique, les toitures photovoltaïques ou la menuiserie métallique...

Pour devenir serrurier d’art par exemple, un serrurier pourra passer un diplôme en façonnage du bronze ou ferronnerie d’art.

ferronnier d’art

Un jeune serrurier n’aura pas de mal à trouver un emploi pour une entreprise du bâtiment, de la métallurgie, des services ou de l’agencement et la décoration.

Sur le marché de l’emploi, en France, le métier serrurier est dominé par les artisans ou petites entreprises indépendantes. Ils sont essentiellement en lien avec les secteurs de la serrurerie traditionnelle, de la métallurgie industrielle, des marchés et industries de la sécurité (blindages et fermetures) et du bâtiment/BTP.

Le métier de serrurier est l’un des corps d’artisanat dans lesquels la polyvalence est fortement conseillée, et la spécialisation un must.

Mutation technologique du métier

À l’heure actuelle, la domotique a fait son apparition dans les secteurs traditionnellement liés à la serrurerie : objets connectés, on est de plus en plus dans le sécuritaire. Ceci suppose que le serrurier se spécialise en robotique, électronique et informatique.

Comment devenir serrurier ?

Quelques éléments qui vous feront de vous un bon serrurier :

  • Le serrurier doit avoir un sens artistique et un sens du détail aboutit.
  • Ce travail demande une bonne santé physique, de l’équilibre, de la rigueur et de l’habileté.
  • Il nécessite aussi d’avoir un certain sens de l’esthétique.
  • Il doit également avoir de bonnes notions de dessin technique, plans et de géométrie.
  • Un serrurier doit bien évidemment connaître les machines et outils, leur manipulation et leur entretien. Sa connaissance des normes de sécurité est indispensable.
formation serrurier

La capacité d’analyse d’un projet et sa connaissance des matériaux doivent être optimales.

Les formations qualifiantes sont :

  • CAP Serrurier-Métallier
  • CAP Ferronnier
  • TP serrurier
  • MC Soudage/Zinguerie
  • Brevet professionnel Serrurerie Métallerie
  • Brevet professionnel Menuiser Aluminium – verre
  • Bac professionnel du bâtiment : métallerie
  • Bac professionnel Menuiserie Aluminium – verre
  • Brevet des métiers d’Art Ferronnier
  • BTS Constructions métalliques
  • BTS Enveloppe du bâtiment : façade, étanchéité
  • Dessinateur d’ouvrages de métallerie
  • Technicien supérieur d’étude en construction métallique

Un artisan aguerri aux techniques de la métallurgie ou de la ferronnerie pourra très bien opter pour une reconversion serrurier et devenir serrurier à 50 ans. Négociez avec votre employeur actuel ou faites appel à votre crédit individuel de formation pour suivre par exemple une formation AFPA.

Serrurier est une profession réglementée. Il n’est pas permis de se présenter comme serrurier sans justifier d’un des diplômes reconnus par l’État. Le serrurier du bâtiment a généralement un BEP ou un CAP en menuiserie et métallerie. Certains organismes dispensent des formations de reconversion. C’est le cas par exemple de FMSD (Formation Maîtrise Serrurerie Dépannage) qui délivrera au minimum une VAE serrurier. (Les consulter pour une formation serrurier à distance).

Un serrurier doit par ailleurs pratiquer l’affichage des prix, posséder une assurance responsabilité civile professionnelle, délivrer devis et factures et respecter toutes les normes en matière notamment de désamiantage, gestion des déchets, etc.

Certification de serrurier-dépanneur

Il n’existait pas avant 2015 de condition d’accès au métier de serrurier dépanneur.


De nombreux « bricoleurs » s’improvisaient donc spécialistes et n’hésitent pas à devenir serruriers sans diplôme. C’est comme cela que la serrurerie de dépannage était l’activité engendrant le plus grand nombre de plaintes des consommateurs lors de dépannages d’urgence auprès de la Direction de la Répression des Fraudes !


Depuis le 2 juillet 2015 et l’article 2 du décret n° 2015-810, tout serrurier de ville (dépanneur-installateur) doit posséder une certification délivrée par un organisme de formation reconnu au Répertoire Nationale des Certifications Professionnelles Française (RNCP).

Combien gagne un serrurier ?

Une fiche de paie de serrurier débutant ou un salaire aide-serrurier correspond au SMIC.

En autoentrepreneur, la rémunération peut monter jusqu’à un salaire d’un serrurier par mois de 3000 €.

Un serrurier spécialisé pourra gagner jusqu’à 4000 € par mois. Le tarif horaire ou à l’intervention, ainsi que les frais de déplacement et l’achat de matériaux détermineront en grande partie les tarifs du serrurier, et sa marge (donc le salaire serrurier s’il est employé et sa rémunération s’il est autoentrepreneur).

Il n’y a pas de règle. Les tarifs des serruriers sont extrêmement variables selon la région, le type d’intervention, la structure d’entreprise, les délais (urgence ou non).

Les serruriers dépanneurs ont tendance à pratiquer des tarifs prohibitifs (350 € pour ouvrir une serrure !) ce qui nuit grandement à l’image de la profession.

Des tarifs moyens constatés seraient par exemple :

  • 75 € minimum à 100 € pour un remplacement de serrure simple
  • Une trentaine d’euros à 60 € pour changer une clé défectueuse.
  • Une centaine d’euros pour une ouverture de porte simple.
  • De 100 à parfois 500 € pour ouvrir une porte blindée.
  • De 750 à 8000 € pour une rampe d’escalier sur mesure.
  • 6000 à 10 000 € pour un escalier hélicoïdal (en colimaçon) en acier.

La prévention des risques professionnels 

La fabrication d’ouvrages métalliques fait appel à des machines et outillages dangereux et produits chimiques susceptibles d’entraîner blessures, coupures, affections respiratoires, accidents ophtalmiques, brûlures ou troubles auditifs. Du moins, c’est ce que révèle une étude de poste serrurier.

Les chutes liées au travail en hauteur sont également fréquentes.

Les risques physiques et mécaniques doivent être limités le plus possible par des postes de travail aux normes de sécurité, le port de tous les équipements de protection requis, ainsi que de bonnes pratiques.

Même si l’utilisation d’amiante et de plomb n’est plus pratiquée en construction neuve, le fait de travailler en rénovation de bâtiment expose à des ouvrages anciens contenant ces matériaux. 

ll convient de respecter les prescriptions réglementaires en la matière : Document Unique de Sécurité, respect de l’environnement et règles énoncées par le CHSCT ou CSE. 

Une bonne tenue des locaux, stockages de produits, machines-outils et procédures d’évacuation des déchets est impérative. Des extincteurs doivent être disponibles en nombre suffisant.

Attention

Pour les travailleurs exposés aux poussières de métaux, des visites médicales régulières comportent un test respiratoire, une radio des poumons, un audiogramme et une vaccination antitétanique (tous les 10 ans).

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